Courte nouvelle de fiction : Totalitaria! (partie 2/2)

Courte nouvelle de fiction : Totalitaria! (partie 2/2)

17 octobre 2018 0 Par Élodie

Nous revoilà de retour pour la suite et la fin de notre première nouvelle sur le blog.

Si vous avez manquer la première partie de l’histoire, pas d’inquiétude. Rendez-vous sur le première article pour commencer l’aventure Totalitaria! depuis le début.

 

Deuxième Partie (5 minutes)

 

Le lendemain matin, le blondinet fut réveillé par la sonnerie de son téléphone. Il décrocha, la voix encore endormie. Après quelques mots de son interlocuteur il semblait bien plus réveillé. Il sauta de son lit et se vêtit avec célérité. Exactement comme la veille, la porte s’ouvrit dans un fracas.

– Dites-moi que c’est une mauvaise blague, supplia Mark.

– J’aimerais, mais ce n’est pas le cas. Il est rentré chez lui et ils sont venus frappés à sa porte. J’ai entendu ses voisins en parler, il ne s’est pas laissé faire facilement mais ils ont fini par le maitriser.

– Nous n’aurions pas du le laisser rentrer seul, souffla Jacob.

 

Ils avaient des regrets, tous, sans exception.

– Plusieurs possibilités s’offrent maintenant à nous. Changer notre plan initial et tenter d’aider Lucas à s’en sortir, ou, ne pas s’en occuper et nous concentrer sur notre cible, annonça Félix.

– C’est ton cousin, Félix, on doit aider ce petit. Le laisser entre les mains du gouvernement et qu’il se fasse torturer est inenvisageable, décida sagement Joshua.

 

Ils acquiescèrent. Lucas allait sans doute subir des atrocités jusqu’à ce qu’il révèle des informations à propos d’autres résistants, eux. Dès l’instant où la décision fut prise, ils étudièrent attentivement chaque faille du système et finirent par conclure que l’opération « Sauver Lucas » était quasi-impossible. Certains avaient proposé de se la jouer « Yakuzas», de kidnapper un conseiller, le faire parler et secourir le nouveau. Mais ce n’était pas réaliste, ils n’étaient pas de la mafia japonaise et n’avaient pas les compétences pour se faire passer pour des gens aussi puissants qu’eux. Après une bonne dizaine de propositions toutes plus irréalisables les unes que les autres, le génie du petit groupe avança quelque chose d’intéressant. Bien que le pourcentage de réussite fût faible, il fallait entreprendre une initiative. Il fut conclu que l’opération aurait lieu le soir même, après le couvre-feu, lorsque les rues seront vides. Le plus compliqué serait d’échapper aux patrouilles.

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Quand les sirènes se turent ce soir-là, les jeunes garçons enfilèrent un masque et un sweat à capuche noir. À pas feutrés ils décampèrent. Leur planque se situait à une vingtaine de minutes à pieds de l’endroit où se trouvait, normalement, leur ami. Ils coururent le plus vite possible devant parfois se cacher derrière un mur ou des poubelles, faute de se faire repérer et arrêter à leur tour. Si cela venait à arriver, leurs espoirs et leur liberté seraient réduits à néant. Ils parvinrent sans trop de problèmes devant une grille en fer légèrement rouillée par le temps.

– On va passer sur le côté. Suivez-moi, ordonna le leader.

 

Ils escaladèrent sans difficulté la clôture.

– C’est étrange, il n’y a aucun garde, chuchota Mark.

– Effectivement, c’est louche. Restez vigilants.

 

Ils s’infiltrèrent avec précaution dans le premier couloir lugubre. Ils dévalèrent les escaliers et parvinrent à une galerie étroite et glacée. Étonnamment, tout était calme. Trop calme. Ils progressèrent en file indienne jusqu’à se retrouver devant une cellule. À l’intérieur, Johnny remarqua un corps étendu par terre. Il éclaira l’intérieur avec sa lampe torche.

Tous eurent un mouvement de recul. Une vision d’horreur s’affichait à eux. Le corps sans vie de Lucas. Dévasté et impuissant, Félix s’accrocha aux barreaux en hurlant. Joshua s’accroupit auprès de lui et le serra fortement dans ses bras en versant silencieusement des larmes contrairement à l’autre qui ne pouvaient se retenir. Curieux de la situation, Mark s’avança un peu plus et braqua la lumière sur le cadavre. Lucas avait bel et bien été torturé. Ses ongles arrachés, sa jambe fracturée, le ventre, les bras et les cuisses tailladés, des dents éparpillées sur le sol, des éclaboussures de sang sur les murs, deux ou trois instruments sales encore disposés sur un petit tabouret, le prouvaient. C’était un carnage. Le blondinet eut un haut-le-cœur et s’éloigna le plus possible. Écarté des autres, il observa plusieurs autres cellules jusqu’à distingué un homme tapi dans l’ombre.

– Vous le connaissiez bien ? demanda le mystérieux garçon.

– Je ne l’avais rencontré qu’hier mais il était de la famille de mon meilleur ami.

– Ce jeune garçon est très fort, il n’a rien dit, même sous la torture. Très courageux de sa part.

– Depuis combien de temps êtes-vous là ?

– Je dirai quelques heures, pas plus. Cela vous dit-il de passer un marché avec moi ?

– Joshua, appela-t-il, approche s’il te plait.

 

Le brun laissa Félix entre les mains de Jacob et se dirigea vers lui.

– Cet homme nous propose un marché, je te laisse décider.

– Que demandez-vous monsieur ?

– Si vous me sortez de là, je peux vous être très utile.

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Il sortit enfin de l’ombre. Il était âgé d’une trentaine d’années et était vêtu d’un costume.

– Enchanté, je suis Daniel, ex-conseiller de Madame La Présidente.

– J’en déduis que si vous êtes enfermé ici c’est que vous l’avez trahie. Comment être sûr que vous ne recommencerez pas ?

– Vous ne pouvez pas. Vous devez simplement me faire confiance. Si vous voulez avoir une chance de sortir de la prison qu’est cette île vous n’avez pas vraiment le choix.

 

Joshua s’assit en tailleur et réfléchit. Lui qui avait, d’habitude, toujours réponse à tout était tiraillé entre accepter ou refuser la proposition de l’homme. S’il passait ce marché, tout pourrait bien se passer et ils sortiraient de là sains et saufs ou alors ils pourraient tous se faire avoir, par sa faute, et finir emprisonnés pour le restant de leurs jours. Ou pire. Encore hésitant, il reprit la parole :

– C’est d’accord. Je vous sors de là, mais expliquez-moi d’abord votre « solution ».

– Mon arrestation est récente. Rien n’a encore été dévoilé au public et je possède des contacts dans la capitale et au-dehors, en Nouvelle-Zélande. Je peux m’arranger pour obtenir des faux papiers pour chacun de vous.

– L’île des réfugiés, songea le brun.

 

Depuis peu, la Nouvelle-Zélande était devenu le territoire où toutes les personnes fuyant le système politique en Australie s’étaient exilées. Suite à cette révélation, Joshua s’exclama :

– Venez par ici ! Nous devons sortir quelqu’un !

Ses complices se servirent d’un banc installé pour les gardes comme levier pour, avec la force adéquate, soulever la porte.

Daniel les remercia et partit à l’opposé d’où venaient les garçons.

– Que faites-vous ? La sortie est de l‘autre côté, signala le plus jeune.

– Je sais. Mais il y a un souterrain de ce côté-ci. Avec le crissement du fer et vos cris, les gardiens ont probablement dû être avertis. Il est plus sûr de prendre ce chemin.

 

Face à ces arguments, personne ne contesta et ils suivirent leur ainé. Les galeries souterraines  qu’ils empruntèrent les menèrent à l’extérieur, dans la rue adjacente de l’entrée du bâtiment.

–  Où étaient les gardes ? Demanda Mark.

– C’était l’heure de l’apéro collectif petit. Depuis la mise en place du couvre feu, les patrouilles au-dehors se chargent de toute la surveillance. Pendant ce temps-là, c’est repos pour les autres. Alcool et snacks à volonté ! Ils ont l’air méchant avec leurs airs de gros durs mais, ces gardiens, sont de vrais adolescents !

Le trentenaire ricana et prit son téléphone. Il appela un de ses contacts et annonça à ses sauveurs qu’ils se rendraient le lendemain à l’est de la ville.

 

La nuit fut rude, le petit groupe avait dormi dans une bâtisse abandonnée pour échapper à la surveillance des gendarmes. Ils avaient des courbatures et Félix n’était pas tout à fait remis de ses émotions mais, dans quelques heures, si tout se passait bien, ils seraient loin de cet endroit.

– Bougez-vous les petits. On ne doit pas arriver en retard.

Ils prirent le bus pendant une bonne heure avant d’arriver au point de rendez-vous. Daniel leur ordonna de rester en place pendant qu’il récupérait les faux passeports. Mark commençait à s’impatienter et à se poser des questions quand la silhouette de l’homme qu’ils attendaient se dessina au loin, brandissant des documents.

 

– Vous voilà enfin ! On commençait à douter de votre sincérité.

– Je suis un homme de parole. Voici vos papiers. Par précaution, je vous conseille d’enfiler des lunettes de soleil et un masque. Nous ne sommes jamais trop prudents. Le nom de l’aéroport est indiqué sur vos billets, retenez bien vos nouveaux noms. Partez ensemble, je vous rejoindrai plus tard. J’ai une dernière chose à accomplir.

– Merci beaucoup Daniel. Nous nous reverrons dans quelques jours.

 

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Des coups sur la porte se firent entendre. Un individu fit son entrée. Cinq jeunes garçons se précipitèrent vers lui et parlèrent tous en même temps. Le plus grand ria légèrement en les voyant si excités à l’idée de retourner chez eux et de, plus ou moins légalement, tenter de reprendre le contrôle de leur pays.

Ils se stoppèrent lorsqu’un autre homme, plus imposant, faisant parti du gouvernement Néo-Zélandais, fit irruption et déclara :

– L’avion vous attend. Vous trouverez tout ce dont vous aurez besoin à l’intérieur. Le but de cette mission est d’éjecter Irène de sa place de présidente et de faire le moins de morts possible. Comme des légionnaires, vous devez être prêts à vous battre pour défendre les libertés qui vous sont évidentes.

Puis cita :

« Ne soyez plus des hommes, devenez des démons. »

Camerone, Bataille au Mexique de la légion étrangère, 1863.